La vie après l'URI : Le témoignage de Laurent Picoto

Publié le 22/12/2023

Après avoir passé plusieurs années au sein de l'interpro en région, d'abord au sein de l'UD puis UTI Loire Haute-Loire, puis à l'URI en qualité de secrétaire régional, Laurent PICOTO nous parle de son poste actuel, secrétaire confédéral en charge de la santé au travail.

TU : Bonjour Laurent, tu as quitté l’URI pour intégrer la Confédération en octobre 2023. Que deviens-tu ?

C’est allé très vite et c’est vrai que j’ai mis quelques semaines à me décider. J’avais des appréhensions sur les trajets et me questionnais sur les compétences que je pourrais apporter à ce niveau-la et c’est Sylvie qui m’a rassuré sur les attendus et l’intérêt pour la Conf de s’appuyer sur des militants qui connaissent les réalités du travail et du syndicalisme.

Je suis aujourd’hui Secrétaire Confédéral en charge de la santé au travail à la Confédération. Je siège depuis pour la confédération au Comité d’Orientation des Conditions de travail (1 séance depuis) et au Comité National Prévention Santé au Travail (2 séances). J’y côtoie les partenaires sociaux, les responsables de la Direction Générale du Travail, et au sein des commissions spécialisées (dans ce cadre j’ai pu être assisté d’experts en l’occurrence un militant CFDT de l’IRSN dans le cadre de la fusion ASN/IRSN  à laquelle nous nous opposons puisque les structures de recherche et de décision seront intégrées faisant courir le risque d’un manque d’indépendance et donc une moindre prévention ou identification des risques. Je siège également au comité santé sécurité de la CES « health and safety committee ». Il y a la plupart du temps des interprètes mais je me suis vite rendu compte que mes bases en anglais acquises au collège/lycée, complétées depuis par mes échanges sur les réseaux de « gaming », ne me permettaient pas de tout comprendre dès lors que la discussion est plus technique. L’ETUI propose des formations en Anglais et je serais donc 1 semaine à Dublin en février pour prendre des cours avec d’autres syndicalistes européens.  

Par ailleurs j’ai été récemment intégré par vote du Bureau National à la délégation de négociation sur le « pacte de vie au travail » composée de Secrétaires Nationaux, des service juridique, protection sociale, sécurisation des parcours et des collègues du service Vie au travail Dialogue Social auquel je suis directement rattaché. J’ai déjà participé à deux séances de travail en interne pour la construction du mandat de négociation à soumettre au Bureau National et serai amené à participer à certaines séances de négociation sur l’usure professionnelle. Cela peut paraitre éloigné du quotidien des travailleurs mais nous traiterons du Compte Epargne temps Universel qui est une revendication construite et portée par la CFDT, de l’emploi des séniors, des reconversions…

 

Tes anciens collègues s’inquiétaient de t’imaginer en tee-shirt au ministère, qu’en est-il ?

J’ai effectivement eu l’occasion d’accompagner un Secretaire National au ministère sur la convention 155 de l’OIT qui traite de la santé au travail et que la France n’avait pas encore ratifiée. Nous avons débattu du processus de contrôle et de sanction applicables aux entreprises et administrations et pointé, entre autres sujets, le manque criant d’agent de contrôle au ministère du travail pour que les dispositions protectrices des travailleurs soient réellement mises en place. Nous avons également souligné que les entreprises sont peu nombreuses à mettre en place des représentants de proximité et que nous perdons, de fait, les relais de terrain les plus à même d’identifier les risques professionnels au poste de travail. Je vous rassure je n’y suis pas allé avec mon maillot de l’ASSE !

 

Et la vie Parisienne tu t’y fais ?

A ce stade j’en suis un peu resté uniquement à Ligne 1 Nation – Ligne 2 Belleville du Métro mais ca ne fait pas 3 mois que je suis en poste. J’ai été très bien accueilli par mes collègues qui avaient pris le soin de décorer mon bureau avant mon arrivée. La confédération est une grande maison et il m’a fallu quelques semaines pour en comprendre le fonctionnement et me sentir vraiment utile. Nous avons fixé un cadre de travail me permettant au moins 1 jour de télétravail par semaine ce qui me permet de ne pas me sentir trop loin de la famille. Parfois les planètes s’alignent puisque mon grand garçon est entré en 6ème cette année et que ma compagne est également en évolution professionnelle via une formation.

 

Saint Etienne te manque ?

Le travail est très différent je suis beaucoup sur de la veille et de l’analyse documentaire. Sur les instances je me suis appuyé sur mon expérience en région pour rapidement me positionner comme un interlocuteur syndical exigeant. Je ressens une certaine pression car ce sont dans ces lieux que se fabrique une partie des normes et les interlocuteurs, notamment ceux qui représentent l’Etat ont un niveau élevé de maitrise des sujets. Il y a une dimension stimulante pour autant j’ai parfois une petite nostalgie vis-à-vis de mes activités à l’UTI et l’URI, les relations avec les équipes syndicales d’entreprises en particulier dans des moments forts, et les relations tissées avec les militants, mandatés, responsables, salariés interpo auprès de qui j’ai passé de très belles années.

 

Merci Laurent as-tu un dernier message à nous faire passer ?

Je ne dirai rien sur l’OL comme dit l’adage on ne tire pas sur une ambulance

Plus sérieusement, en cette période de fin d’année, je veux souhaitez à tous de bonne fêtes et vous donne rendez-vous, qui sait, à Paris ou lors d’évènements ou de manifestations CFDT à St Etienne ou en région en 2024.

 

Propos recueillis par Pierrick Aillard