Croissance et développement durable

Publié le 29/05/2012 à 00H00
"Il nous faut passer d'une civilisation de l'avoir à une civilisation de l'être" , certes mais comment ?
Croissance et développement durable
Croissance et développement durable
"Il nous faut passer d'une civilisation de l'avoir à une civilisation de l'être" , certes mais comment ?

Table ronde le matin, ateliers l’après midi, il n’y avait pas assez de chaises pour recevoir les militants d’entreprises venus plancher sur le thème « croissance et développement durable ».

Loin des grands débats, le pragmatisme était de mise avec cette question récurrente , quels emplois pour demain au moment où le quart des jeunes rhônalpins de moins de 25 ans est au chômage.

Les observations des participants à la table ronde ont interpellé de nombreux participants :

«Il nous faut passer d’une civilisation de l’avoir à une civilisation de l’être »,« L'indicateur qu'est le Produit Intérieur Brut (PIB) compte comme production de richesse l’accident qui s’est produit dans une entreprise chimique comme AZF , quand aurons-nous un indicateur de bien être ? »

« L’homme est un produit durable , les ressources naturelles ne le sont pas : jusqu’à quand taxera-t-on le travail et pas l’utilisation des ressources naturelles ? »

« Pour faire une voiture d’une tonne, il faut prélever 70 tonnes de ressources naturelles , comment peut-on imaginer que chaque être humain aura demain son véhicule personnel ?  nous allons passer d’un civilisation de l’avoir à une civilisation de l’usage donc de la location d’un certain nombre de biens - est-il si utile d'avoir tous une perceuse qui fonctionne moins d'une journée par an ? »

« le fait est, renchérissait un représentant patronal que le peu de visibilité dont nous disposons dans la plupart des entreprises : en moyenne trois mois de commandes fermes, induit des stratégies de location de tout ce qui peut l’être et également de flux tendu. ».

«Vous louez même la force de travail par le biais de l’intérim et des CDD ! » contestait un militant ;

Rebondissant sur cette observation , Christian Juyaux, Secrétaire général adjoint de l’union régionale CFDT  soulignait combien il est en effet important de se préoccuper en tant que syndicalistes des marges du salariat : CDD, intérim, détachement, auto entreprise, portage salarial , travailleurs indépendants etc. … et aussi combien la mobilité devenait la norme .

« La sécurisation des parcours professionnels des salariés est d’autant plus importante » relevait-il.

« Ce n’est plus seulement les grands groupes qui travaillent à l’international mais les PME , voire TPE locales  qui saisissent les marchés où il se trouvent et délèguent des collaborateurs sur place » .

Un espoir , « le renchérissement inéluctable des transports » devrait faciliter les relocalisations car que voit-on aujourd’hui ? relève Syndex, le cabinet d’experts économiques de la CFDT, a titre d’exemple à ne pas suivre : «la quatrième société mondiale en matière de panneaux photovoltaïques en 2004 : PHOTOWATT , ne garde que la production des composants de panneaux et les faire agencer …. en Chine ! alors qu’à moins de 20 kilomètres,  dans le même temps BOSCH réoriente la production de son usine de Vénissieux sur l’assemblage de panneaux photovoltaïques ! »

Dans la descente à la 72ième place mondiale de PHOTOWATT en 2011 on ne peut que remarquer , souligne-t-il , l’absence de volonté politique  française, contrairement au gouvernement chinois qui , partant de rien, a fait de son pays le premier producteur mondial dans le domaine photovoltaïque.

Faut-il y voir aussi et  la marque du lobby d’EDF se demande également  SYNDEX .

Cette ultime observation  ne peut qu’interpeller les groupes de travail sur l’action économique régionale et les participants aux réunions des CTEF , lieux de concertation « emploi-formation » au sein des bassins d’emploi .

« La création d’emplois verts a fait long feu , tout juste assiste-t-on à verdissement à la marge des productions ordinaires et encore sous la pression de la règlementation , plus que par choix stratégique ».

Dans un tel contexte que peut devenir le dialogue social stratégique triennal entre l’employeur et les représentants des salariés  institué par voie légale ? il n’émerge pour l’instant qu’à l’occasion des difficultés et avec l’appui des experts économiques syndicaux .

Pourtant il est porteur de résultats comme en témoigne le jeune délégué syndical de MECAPLAST IZERNORE .
La dissection des pratiques était à l’ordre du jour du travail en ateliers l’après midi ainsi que la détermination des conditions de succès. Quelques éléments ont semblé importants à rappeler :

  • Chaque salarié est l’expert de son métier.
  • Il n’est pas besoin d’attendre les chiffres des directions pour savoir s’il y a, dans son établissement, renouvellement ou pas des outils de production, augmentation de l’intérim plutôt que recrutement en CDI ou d’autres signes avant coureur d’un désengagement.
  • La collecte de l’ensemble de ces informations permet d’anticiper les risques  et donc de préparer des scénarii d’évolutions de l’entreprise qui tiennent compte non seulement de la conjoncture porteuse ou pas du secteur  d’activité mais  aussi, de l'histoire de l'entreprise,  des compétences des  salariés,  car chaque entreprise est « unique ».

Ainsi dans le textile durement touché dans notre région a-t-on pu voir le textile technique se développer, notamment les textiles qui servent à la composition des pansements, La « french touch » dans la décoration d’intérieur a ici trouvé un marché de niche à l’international alors que là, faute d’avoir travaillé sur un renouveau des collections , la lingerie périclite.

Rien n’est acquis car voici que les pansements liquides menacent désormais les pansements traditionnels.

Le dialogue social stratégique est donc on ne peut plus nécessaire pour maintenir en France le tissu industriel .

L’URI CFDT  pour accompagner les équipes dans cette démarche ne manquait pas  de clore les travaux en invitant les participants aux prochaines formations .