Agir dans l'entreprise contre l'illettrisme

Publié le 07/10/2014 à 11H39
Parce que la sécurisation des parcours est une des priorité de notre organisation, avec la lutte contre les inégalités et la  Responsabilité Sociale des Entreprises, La CFDT Rhône-Alpes a souhaité prendre sa part dans la lutte contre l’illettrisme en organisant à Saint-Etienne un atelier militant à destination des élus d’entreprise pour mettre en place, au plus près des salariés, des dispositifs d’accès à des formations aux compétences clés.

Seule Organisation Syndicale mobilisée en Rhône-Alpes dans le cadre de cette semaine d’action, la CFDT était déjà impliquée dans le projet MAELE puis MAELEdans le cadre de l’année illettrisme grande cause nationale 2013.ANLCI

Appuyés par l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme dans l’organisation de cette journée, plus d’une vingtaine d’élus CFDT ont saisi cette occasion de comprendre la problématique de l’illettrisme, de repérer les lieux d’intervention syndicale et les appuis possibles au sein de l’entreprise ou dans son environnement,  d’élaborer une stratégie et un plan d’action pour obtenir, dans le cadre du dialogue social, la mise en place de dispositifs au sein de l’entreprise facilement accessibles pour les salariés.

A cette occasion, ils ont expliqué les contraintes spécifiques dans leurs entreprises telles que la difficulté pour les salariés multi employeur (Nettoyage…), les salariés travaillant de nuit ou postés (Métallurgie…), les salariés qui changent fréquemment de lieux de travail (Construction…), mais aussi la difficulté à bâtir un dialogue de qualité et réellement constructif avec l’employeur lorsqu’il semble plus préoccupé de saisir une opportunité de communication et d’image sans chercher à obtenir des résultats probants et aussi le crainte des salariés de faire apparaitre leur difficulté.

Les pistes de travail ont été identifiées des points de réflexion comme :

  • Problème autour de la sémantique : Simplifier les présentations, ne pas employer des mots qui font peur comme « illettrisme ».
    • Il faut plutôt aborder le problème sous langue des compétences clés  qui comprend 5 thèmes : compréhension/expression écrite, initiation langue étrangère, compétence mathématique, compétence informatique,  aptitude à développer ses connaissances/compétences notamment en prévision des évolutions des entreprises.

 Il s’agit de prévenir les salariés contre le risque de perte d’employabilité  face aux changements et mutations.

Pour cela, il s’agit de :
- Sensibiliser les employeurs (notamment autour du CPF) pour mettre en place des actions de soutien plutôt qu’être sanctionné
- Mettre en œuvre le CIF sur les formations illettrisme
- Interpeller le CRI (Centre Ressources Illettrisme) aussi pour les non francophone qui se mettent à niveau par un apprentissage via leurs enfants
- Travailler avec la MSA pour les salariés agricoles (peut être sur la souffrance au travail comme porte d’entrée)
- Travailler avec les structures de proximité pour gommer la problématique de mobilité
- A cela s’ajoute le risque de rupture du salarié face au numérique (compétences de base et informatisation des process).

 Les compétences clés sont éligibles au titre du compte personnel de formation, il peut être utilisé par le salarié pendant le temps de travail avec l’accord de l’employeur et hors de celui-ci s’il ne veut pas que son employeur le sache. L’entreprise  a néanmoins une obligation de formation des salariés notamment en terme de maintien d’employabilité avec le plan de formation et  le CPF ne peut l’exonérer de cet obligation.

NAgir contre l'illettrismeos militants dans les entreprises doivent aborder ces questions.
Les nouvelles lois sur la formation professionnelle vont permettre de repenser les dispositifs en termes de parcours de formation, il faut absolument intégrer la lutte contre l’illettrisme  comme étant le point de départ.
Les employeurs renvoient souvent un manque de méthode interne : les IRP doivent être en capacité de donner les lieux ressources afin de bâtir une méthodologie de projet.
Cependant l’ensemble de ces actions doivent prendre en compte les spécificités de chaque salarié. Ainsi, nous devrions pouvoir proposer des réponses « à la carte ». Les liens créés au sein de la CFDT et avec les lieux ressources de lutte contre l’illettrisme contribuerons à faciliter le suivi des initiatives, initiatives engagées par les sections syndicales avec, en perspective, un point d’étape d’ici quelques mois.